Artisan Connect

Artisanat et développement

Date : 2010-04-13 12:35:55

DescriptionIntroduction Première partie - La fonction de production artisanale Deuxième partie - Le système de production a dominante artisanale - Aspects sociaux et culturels Troisième partie - Le système mixte: Artisanat-industrie Quatrième partie - La place de l'artisanat dans le développement autocentré: Objectifs et moyens d'une politique Introduction: Cette étude voudrait cerner l'artisanat autrement qu'à travers ses produits ou ses techniques, en l'abordant en tant que mode spécifique de production. En ce sens, on peut parler de système artisanal comme on parle de système industriel: il s'agit d'un ensemble de facteurs très divers que l'on doit tenter de répertorier et d'ordonner, mais qui s'articulent entre eux de façon cohérente et bien spécifique. Cette étude se place dans une perspective dynamique d'action sur l'artisanat et de définition d'une politique artisanale: nous nous attacherons donc surtout à l'étude du fonctionnement du système. Pour cela, la compréhension du phénomène se doit d'être aussi large que possible en débordant le seul point de vue des mécanismes économiques pour prendre en compte tous les facteurs, politiques, sociaux et culturels qui déterminent fortement un mode de production qui apparaît et se développe spontanément dans toutes les cultures et dans tous les milieux. A certains moments, on pourra s'interroger sur la nouveauté de certains concepts et sur l'utilité qu'il peut y avoir à répéter certaines évidences. Disons-le clairement dès à présent: cette étude, dont l'ambition est surtout d'être utilisable et, si possible, utile, doit être, à notre sens, avant tout, un répertoire aussi complet que possible des différentes composantes du phénomène artisanal. Pour parvenir à un résultat utile, il est plus important d'avoir pris en compte tous les aspects de la réalité artisanale que de manier des concepts originaux ou de ne retenir que les seuls éléments classiques: circuits économiques, techniques, formation professionnelle, production et financement. S'il faut prendre en compte tout l'artisanat, aussi bien faut-il ne prendre en compte que l'artisanat. En effet, de nombreuses études récentes dans ce domaine se sont avérées peu opératoires dans la mesure où elles se sont davantage attachées au concept de petite entreprise. Dès lors, il est facile, selon la nécessité, de prendre argument de tel aspect de l'artisanat ou de tel autre aspect de la petite industrie et de mêler les deux dans une même démonstration préorientée. Disons, dès à présent, que nous essaierons de prouver qu'il existe une ligne de partage entre ces deux réalités distinctes que sont d'une part l'artisanat et de l'autre la P.M.E et que celle-ci ne relève pas seulement d'une différence de dimension. En situant cette réflexion dans la perspective du développement autocentré, c'est-à-dire en essayant de suivre de près la problématique des pays en voie de développement qui veulent s'appuyer d'abord sur leurs propres ressources pour satisfaire, en priorité, leurs propres besoins, nous n'avons pas voulu ignorer pour autant notre propre réalité économique de pays industriel. Tout d'abord, nous refusons a priori le rôle de spécialiste du Tiers-Monde, c'est-à-dire celui de quelqu'un qui raisonne uniquement sur les problèmes et la réalité de l'autre. En matière artisanale, la coopération que la France peut apporter est surtout fonction de ce qu'elle a acquis elle--même, à ses dépens, comme expérience en la matière. Il était donc important de faire, en même temps que l'inventaire des problèmes qui se posent, celui des réponses possibles que nous connaissons et que nous avons expérimentées pour notre propre compte. D'autre part, étudier le phénomène artisanal dans le Tiers-Monde seul, sans référence à des systèmes autres, a conduit trop souvent à une analyse confuse aussi bien des situations artisanales que de leur aptitude au développement. Nous verrons, notamment à propos de la critique du concept de secteur informel, que bien des observateurs ont attribué au sous-développement des caractéristiques qui, en réalité, relevaient simplement du mode de fonctionnement propre à l'artisanat. Que ce soit en Allemagne, en Côte d'Ivoire, en Colombie ou au Japon, les situations artisanales sont comparables et l'artisanat est une forme de production en soi. Il reste que de nombreux économistes des années 50-70 ont considéré que le dit artisanat était un phénomène archaïque précapitaliste et condamné à terme dans les systèmes industriels. En conséquence, toute approche du développement ne pouvait s'opérer que sur la base du dépassement nécessaire de l'état artisanal. Celui-ci étant donc un concept rayé du vocabulaire de la croissance dans nos propres économies, il était difficile de le reconnaître comme une valeur en soi dans les P.V.D. C'est donc dans la seule perspective d'absorption progressive de l'artisanat dans le système industriel que s'est située en général l'étude des systèmes artisanaux. Dans cette optique, il était difficile de se référer à un concept condamné à terme et l'artisanat n'a été reconnu que par ce qu'il n'est pas vraiment: soit par la marginalité, soit par l'aspect de petite entreprise industrielle en puissance. En réalité, le développement autocentré et le phénomène artisanal sont les deux aspects d'une même réalité dans la mesure où le caractère parcellaire et spontané de l'artisanat lui assure une adaptation totale à la dimension locale analysée en termes de produits, de main-d'oeuvre disponible et de besoins à satisfaire. Ces micro-adaptations restent fonction des relations existant avec les autres secteurs de la société et de l'économie: secteurs politique, administratif, industriel, commercial, agricole et commerce extérieur; toutes tendent à modifier, à orienter ou à amplifier les conditions et les résultats de la production artisanale. Une politique d'intervention en la matière devra donc prendre en compte les intérêts divergents et parfois opposés de ces différents secteurs; elle ne pourra le faire que si ce choix s'opère en fonction d'un type de développement qui n'est pas celui de l'artisanat en soi mais celui de l'utilisation maximale de ses possibilités. Cette étude, enfin, précisons-le, n'est pas une thèse; elle se veut avant tout un document de travail entrepris, à la demande du Ministère de la Coopération, pour faciliter et engendrer la contradiction et la discussion: c'est intentionnellement donc qu'ont été évités les développements qui permettent à l'occasion d'étayer, mais surtout de nuancer les thèmes abordés. Espérons que, ce qu'elle perdra en finesse, cette étude le gagnera en ouverture vers tous ceux qui se sentent peu ou prou la "fibre artisanale".

http://www.greenstone.org/greenstone3/nzdl?a=d&d=HASH014879bcadae8d34a2d4b69d.6.4.4&c=tulane&sib=&ed=1&p.s=TextQuery&p.sa=&p.a=q&p.c=tulane

Name of InstitutionArtisanat et développement

Author(s) NameKristen Patin

Added/Updated byKristen Patin



Leave a Reply

© 2009